No(s) Réalité(s)
Est-ce que grandir, mûrir, c'est forcément se conformer? Cette question me revient souvent ces temps-ci, au fil de rencontres, de discussions ou de lecture. Jusqu'aux épisodes de Sex and the city de la semaine (mais ça c'est pour une prochaine note!).
L'autre jour, j'ai revu un copain perdu de vue depuis des années. C'était dans un salon de thé indien. Autour d'un chaï, on a parlé de nos vies et il y a quelque chose qui m'a gêné dans ses arguments concernant ses choix de vie, ses rappels incéssants à la réalité, à sa réalité(?). En y réfléchissant, je me suis aperçue qu'il avait tendance à justifier de ses choix professionnels, faire un boulot dans lequel il ne s'épanouit pas vraiment, dans une administration plutôt que dans le privé pour la stabilité, les horaires, Il avait tendance donc à justifier tout ça comme une évidence à partir d'un certain âge. Comme si il y avait à ce niveau, une sorte de vérité du genre : quand tu approches de la trentaine, tu as envie d'avoir un boulot stable, du temps pour sortir, de l'argent,tu commences à penser à avoir des enfants et tu dois t'asseoire sur tes idéaux, tes rêves car ils sont soit irréalisables soit trop coûteux.
Ne parlons même pas d'amour, car "le prince charmant n'existe pas", ce qui, en soit n'est pas faux. Mais ça me gêne quand même à chaque fois qu'un mec me dit ça, j'ai l'impression que c'est une justification anticipée de tous ses défauts, de tous les moments où il ne fera pas d'efforts. C'est un peu facile, je trouve.
J'ai toujours beaucoup rêvée ma vie. Je crois pas que ça m'ait empêché de vivre à fond pour autant. Pour un homme, j'ai mis un peu entre parenthèse mes idéaux; il était très pragmatique, réaliste: à quoi est-ce que ça sert de désirer quelque chose qui est difficile à obtenir ? Comme si on devait chercher à être efficace ou rentable à tout prix. Cette conception allait à l'encontre de la mienne et on a pas pu construire un projet de vie à deux. Ca m'a questionné longtemps de me dire qu'il avait peut-être raison, est-ce que ça servait à quelque chose de rêver, d'espèrer voyager, écrire, trouver un boulot intéressant dans lequel on me respecte, que l'on reconnaisse mes qualités...? Pour moi, en tout cas, je crois que c'est pas du luxe.
L'espoir me fait vivre
Après je crois que c'est juste une question de choix. Des décisions qui signent un parcours personnel, professionnel, des dilemmes devant un "mieux vaut un tu l'as que deux tu l'auras". Le plus compliqué n'est parfois pas dans le choix en lui-même mais dans sa communication aux autres. J'essaie de ne pas lâcher certaines valeurs au profit de choix plus faciles mais qui me sembleraient trop imposés de l'extérieur. Et des fois, je me résigne. A contre coeur.
Heureusement.

Pas mal.
Juste, même !
Si ça peut vous rassurer, ou vous inquiéter, on a les mêmes interrogations à 40 ou à 50 ans !
Rédigé par: lewis | le 23/05/2005 à 07:02