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la bande son

juillet 2007

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Un amour de fromager...(ça compte pas pour du beurre)

Samedi matin. Marché.

J'ai mes petites habitudes : le stand des olives, les gars du soja, le stand où je prends la menthe...et la facheuse tendance depuis quelques temps à aller acheter mes oeufs frais chez le fromager du bout du marché. Je pourrais aller chez le boucher ou le charcutier (ce que je faisais d'ailleurs avant) mais voilà, j'ai découvert qu' un fromage des Pyrenées me faisait plus rêver que du pâté de tête.

Derrière les saint marcellins et autres bleus des causses, j'ai surpris il y a quelques temps un regard. Pas vraiment appuyé, au contraire rapide. Je m'y suis vite attachée car je pense qu'à l'époque, je cherchais à vérifier si je  pouvais plaire et donc précisément à attirer les regards.Il m'a donc semblé, mais était-ce réel ou rêvé, que le jeune fromager (l'autre c'est son patron grisonnant, originaire du Larzac) me remarquait à chaque fois que j'y allais. Et c'était très bien comme ça. Parce que moi aussi. J'ai pas connu beaucoup de fromagers mais lui, je le trouvais différent même si je sais pas quoi à quoi ça tient. Et son regard bref semblait me dire " je vous vois" "vous existez pour moi" et ça me suffisait car c'est un peu ça qui fait la magie de la rencontre, les doutes, les quiprocos (orthographe??). Sur sa silhouette, j'ai imaginé un nom : Julien, Sylvain?..des loisirs : "alors comme ça tu adores la musique?" "Tu fais de la rando??"...Bref, une image.

Et puis, ce samedi donc, au marché, j'ai fait la queue pour attendre mes oeufs. Je prends souvent un fromage avec, mais là non. J'ai eu le temps de remarquer des détails de la plus haute importance: sa boucle d'oreille similaire à la mienne, son habileté à découper des parts de tommes, sa dextérité sur la caisse... Et puis, est venu mon tour et c'est lui qui m'a servi. En résumé : "je voudrais six oeufs s'il vous plaît" "Ooohh...Vous savez, il fallait pas faire la queue...Pour les oeufs, vous venez directement ici..." "Ah bon, ben, je savais pas...".Etais-je en train de vivre la fin d'un rêve:  le mythe du fromager amoureux? On s'est regardé dans les yeux durant les quelques mètres de l'étalage, lui dans le camion, moi dans la rue et il a ajouté : " Enfin, si, c'est bien d'avoir fait la queue, comme ça, je vous ai vu". Nous nous quittâmes sur un sourire partagé.

PESSOA

"Nous avons tous deux vies:

La vraie, celle que nous avons rêvée dans notre enfance et que nous continuons à rêvée, adultes, sur un fond de brouillard,

la fausse, celle que nous vivons dans un rapport avec les autres, qui est la pratique, l'utile, celle où on finit par nous mettre au cercueil.

Dans l'autre, il n'y a ni cercueils ni morts, il n'y a que des images de l'enfance, de grands livres coloriés, à regarder plutôt qu'à lire;

de grandes pages de couleur pour se souvenir plus tard.

Dans l'autre nous sommes nous mêmes

Dans l'autre nous vivons;

Dans celle-ci nous mourrons puisque tel est le sens du mot

vivre."

Vendredi 20/05 suite

La prochaine fois, je crois que je choisirais de répondre seulement à celles qui m'inspirent...(je diffuserais qd même les autres pour info).Donc, revenons à nos moutons:

Le déni : ami ou ennemi?

Nous y voilà. Carrie nie la gravité de la maladie de son amie, Charlotte nie ses difficultés à tomber enceinte...Et donc, quand le déni nous arrange la vie, est-ce que ça vaut pas le coup de le garder? Carrie rappelle assez justement qu'il s'agit d'un mécanisme de défense, c'est-à-dire d'un comportement d'une attitude qui nous permet de vivre plus simplement nos difficultés. Comme d'autres mécanismes de défense, c'est donc un ami dans le sens où sa seule présence nous rappelle qu'il y a une chose là à protéger, un truc à ne pas voir ou à ne pas savoir pour le déni. Personnellement,je pense que nier les choses, c'est se les cacher, se mentir et ça peut poser problème. Est-ce que justement le déni est une solution au problème? a-priori non. C'est peut-être juste la solution la moins pire dans l'immédiat, de ne pas voir, de se persuader qu'il n' y a rien. Je suis en froid avec une personne qui, il me semble, nie la réalité de notre relation. Que dire? C'est comme un dialogue de sourds : Elle va bien, tout va bien. Qu'y-a-t-il à préserver? des apparences? des projets? des rêves? C'est en tout cas assez lourd à vivre en face...C'est sûrement pour ça que je suis si dure avec le déni. J'ai bien conscience qu'on a tous nié des choses à un moment ou un autre, pour se protéger précisément de souffrances. Parfois, ça ne nous épargne rien du tout, ça peut même aggraver la situation sur du long terme. Il faudrait trouver une sorte d'intermédiaire, un déni volontaire, qui serait de se dire qu'on est en train de se cacher une vérité, même sans savoir laquelle ni pourquoi...Juste savoir qu'on est plus forcément sûr de ce qu'on avance mais qu'on aimerait bien que ce soit comme ça. Est-ce que ce serait encore un déni? Bouh ! (je sais pas). En tout cas c'est sûr que plus il est intense et plus il y a de choses à ne pas voir. Si il y a des moments dans lesquels c'est mieux comme ça, je crois, que ça vaut le coup quand on le peut, quand on le sent, de fouiller un peu plus.

Vendredi 20/05/05

Petite mise au point tout d'abord.

Je suis pas une fan de la série, je l'ai découverte tout récemment (1 ou 2 mois). Je trouve les personnages un peu caricaturaux, mais c'est ma foi assez sympa. En fait, ce que je préfère, c'est précisément la scène où Carrie écrit son article et résume toute la problématique de l'épisode en une question. C'est précisément de ces questions que je propose de débattre...afin de répondre à une autre non moins existentielle :

Peut-on faire de la philosophie en regardant "Sex and the city?"

Première cette semaine avec trois questions (une par épisode) et pas des moindres :

Est-ce qu'on est devenue allergique aux histoires romantiques [à noter un superbe lapsus: j'avais écrit d'amour au lieu de romantique!] ?

Pourquoi nous soumettons-nous toujours au "devrait"?

Le déni : ami ou ennemi?

Est-ce qu'on est devenue allergique aux histoires romantiques?

Pour la remettre dans son contexte, Miranda fait sa demande en mariage à Steeve de façon pas très romantique, tandis que l'amoureux russe de Carrie se montre très romantique et ça lui pose un problème... Bon, ça commence pas par une question facile. Des fois je me dis que c'est comme la politesse, il vaut mieux peut-être se pencher davantage sur le fond que sur la forme. C'est par la relation qu'on appréciera la sincérité du geste. Après, c'est sûr que les belles formes sont appréciables. Ca met de la poésie, de la fantaisie dans les relations...Ouais, suis vraiment pas plus inspirée...

Pourquoi nous soumettons-nous toujours au "devrait"?

A ce niveau, je crois que j'ai en partie répondu sur la note "No(s) réalité(s)". Je suis pas trop d'accord avec le "toujours" de la question d'ailleurs...On a besoin des autres et en même temps, ils sont nos censeurs. La pression sociale diffère selon si  pour un comportement particulier on valorise ou non le conformisme. Ex : dans les magazines, des combinaisons vestimentaires bizarres peuvent super bien passer si elles sont portées par quelqu'un de connu...Dans ce domaine, il s'agit d'innover dans une sorte de cadre. Et si on est connu, en plus, on est une sorte de référence.Le "devrait" est parfois rassurant . Ce serait une question de statut, de rôles (les étudiants en psycho sociale comprendront!); c'est une construction des attentes selon la place que l'on tient dans la société. C'est pas forcément quelque chose de figé d'ailleurs...(cf comportement de Miranda cité dans la 1ère question...). Je m'embrouille, promis je remettrais de l'ordre demain...

à +, pour la troisième question, ce soir, j'ai trop réfléchi, je crois... ;-))

No(s) Réalité(s)

Est-ce que grandir, mûrir, c'est forcément se conformer? Cette question me revient souvent ces temps-ci, au fil de rencontres, de discussions ou de lecture. Jusqu'aux épisodes de Sex and the city de la semaine (mais ça c'est pour une prochaine note!).

L'autre jour, j'ai revu un copain perdu de vue depuis des années. C'était dans un salon de thé indien. Autour d'un chaï, on a parlé de nos vies et il y a quelque chose qui m'a gêné dans ses arguments concernant ses choix de vie, ses rappels incéssants à la réalité, à sa réalité(?). En y réfléchissant, je me suis aperçue qu'il avait tendance à justifier de ses choix professionnels, faire un boulot dans lequel il ne s'épanouit pas vraiment, dans une administration plutôt que dans le privé pour la stabilité, les horaires, Il avait tendance donc à justifier tout ça comme une évidence à partir d'un certain âge. Comme si il y avait à ce niveau, une sorte de vérité du genre : quand tu approches de la trentaine, tu as envie d'avoir un boulot stable, du temps pour sortir, de l'argent,tu commences à penser à avoir des enfants et tu dois t'asseoire sur tes idéaux, tes rêves car ils sont soit irréalisables soit trop coûteux.

Ne parlons même pas d'amour, car "le prince charmant n'existe pas", ce qui, en soit n'est pas faux. Mais ça me gêne quand même à chaque fois qu'un mec me dit ça, j'ai l'impression que c'est une justification anticipée de tous ses défauts, de tous les moments où il ne fera pas d'efforts. C'est un peu facile, je trouve.

J'ai toujours beaucoup rêvée ma vie. Je crois pas que ça m'ait empêché de vivre à fond pour autant. Pour un homme, j'ai mis un peu entre parenthèse mes idéaux; il était très pragmatique, réaliste: à quoi est-ce que ça sert de désirer quelque chose qui est difficile à obtenir ? Comme si on devait chercher à être efficace ou rentable à tout prix. Cette conception allait à l'encontre de la mienne et on a pas pu construire un projet de vie à deux. Ca m'a questionné longtemps de me dire qu'il avait peut-être raison, est-ce que ça servait à quelque chose de rêver, d'espèrer voyager, écrire, trouver un boulot intéressant dans lequel on me respecte, que l'on reconnaisse mes qualités...? Pour moi, en tout cas, je crois que c'est pas du luxe.

L'espoir me fait vivre

Après je crois que c'est juste une question de choix. Des décisions qui signent un parcours personnel, professionnel, des dilemmes devant un "mieux vaut un tu l'as que deux tu l'auras". Le plus compliqué n'est parfois pas dans le choix en lui-même mais dans sa communication  aux autres. J'essaie de ne pas lâcher certaines valeurs au profit de choix plus faciles mais qui me sembleraient trop imposés de l'extérieur. Et des fois, je me résigne. A contre coeur.

Heureusement.

le chanteur et moi

Depuis quelques jours, je réexplore l'univers de Vincent Delerm( d'où le nombre de liens le concernant dans ma type liste). Je sais que c'est pas un hasard et que ça intervient à un moment où je suis parfaitement réceptive à ses paroles. Combien de fois ai-je entendu la vipère du Gabon ou Châtenay-Malabry sans comprendre les situations qui y étaient décrites?

Je fais des liens avec ma vie, ma nostalgie, mes ruptures. Non que les histoires se ressemblent mais des détails me lient indirectement à ses personnages.

C'est marrant. Comme en ce moment, il a une actu, j'ai l'impression d'en entendre parler partout: sur France Inter, à l'Olympia, au théâtre, dans Télérama( je sais, je suis un peu une caricature), dans Elle et même à la fac, où j'ai trouvé le moyen de croiser un type lisant à voix haute à sa copine un article le concernant. Et tout à l'heure, je me disais que c'est un peu comme sa relation avec Fanny Ardant("Elle est toujours toute noire et blanche, elle ne dit plus "vivement dimanche!", depuis que j'l'amène chez mes parents, moi et Fanny Ardant"), c'est comme une mise en abîme cette chanson...

Mais bon, quand même, je pense que je suis moins à fond...Ah bon?

Bienvenue à ma vie rêvée

Pour mon premier blog, comment associer le côté virtuel à Moi?? En créant ma vie rêvée, je voudrais parler de tout ,de nimporte quoi surtout (sur tout?)...

Bientôt, ici même, afflueront critiques de films, de bouquins, liens et ... peut-être même....des petites réflexions comme ça, en passant, sur les épisodes de Sex and the city de la semaine (vendredi 23h30 sur M6)!!

Pour ce soir, je vais me coucher...

Sogni d'oro (Rêves d'or)